Millennials : la « génération durable » veut bousculer nos vieilles habitudes

Ils ont moins de 25 ans et se mobilisent pour que demain existe bien. Première concernée par les effets à long terme du réchauffement climatique, la jeune génération développe une nouvelle philosophie : réussir tous ensemble ou périr.

Qui ne connaît pas Greta Thunberg et sa grève de l’école pour le climat ? Derrière la jeune Norvégienne devenue icône de la lutte contre le réchauffement climatique se cache en fait toute une génération engagée pour le développement durable, prête à en découdre pour déformater les cerveaux restés au XXe siècle et changer les habitudes néfastes pour la planète. D’ailleurs, on ne parle plus de digital natives, mais de sustainable natives. Et pour cause : « Il n’y aura peut-être pas de prochaine génération », comme l’a fait remarquer la jeune Oumaima Daiboun sur la scène des Sustainable Brands, en avril dernier. A moins que… La jeune génération n’a pas dit son dernier mot !

Une génération optimiste, mais pas candide

Ni les prévisions alarmantes des climatologues sur les effets du réchauffement climatique dans les années à venir, ni les théories de l’effondrement des collapsologues n’entament l’optimisme et l’engagement de cette jeunesse. « Le futur m’inspire pas mal d’espoir. Il y a des choses à changer pour pouvoir imaginer un monde vraiment durable, mais on est quand même sur la bonne voie, estime Clara Marino, présidente de l’association TREVE qui a organisé un tour d’Europe en voiture électrique pour mesurer l’avancée des pays européens en matière d’énergies renouvelables. Les gens commencent à prendre conscience qu’il est important d’agir pour l’environnement, notamment les jeunes. Je trouve que c’est un message vraiment positif. »

Pourtant, point de candeur là-dedans. Si les plus jeunes s’engagent, c’est aussi parce qu’ils n’ont pas le choix. « Quand on est jeune, cela nous concerne directement car cela va nous impacter encore plus que les anciennes générations. Il y a une responsabilité à prendre dès aujourd’hui pour s’engager pour la planète et notre avenir, tout simplement », souligne Bastien Nussbaumer, président de la confédération nationale des Junior-Entreprises.

Ecoutez ici leur conversation enregistrée à « The Good Galaxy », un écosystème d’acteurs du changement rassemblé par Engie lors de son événement The Good day, en juin dernier :

 

Surtout, ces deux jeunes adultes constatent une prise de conscience nouvelle. « L’engagement des jeunes n’est pas si récent que ça. Mais depuis un ou deux ans, il y a cette vraie prise de conscience qui commence à germer dans les têtes, analyse Bastien Nussbaumer. Ce réveil sur les sujets de société, notamment écologiques, fait la différence aujourd’hui. » Et une certaine Greta Thunberg y est bien pour quelque chose… « Quand on voit les mobilisations lycéennes qui ont suivi la Cop 24 et les grandes grèves pour le climat, on voit bien qu’il y a une certaine prise de conscience. Après, il faut voir si cet effet Greta Thunberg dure sur le long terme », souligne Clara Marino.

Réveil tardif, mais réveil quand même !

Si cette jeunesse se réveille aujourd’hui, celles d’hier ont-elle abusé de la fonction snooze de la conscience écologique ? Pourquoi la mobilisation sur les enjeux du réchauffement climatique n’intervient-elle que maintenant, alors que le premier rapport scientifique alertant sur le sujet remonte à… 1965. Et on sait grâce à l’enquête Perdre la Terre, du journaliste au New York Times Nathaniel Rich, que nous aurions pu stopper le réchauffement climatique au cours de la décennie 1979-1989. Le sujet est donc sur la table depuis quarante ans. Pourtant, nous n’avons rien fait. Inutile toutefois de s’apitoyer sur les rendez-vous ratés du passé ou de chercher des coupables, cette jeunesse veut croire que son heure est venue pour faire bouger les choses. « C’est la jeunesse qui est désormais actrice de la société qu’elle veut construire pour demain. Mais elle ne veut pas attendre demain pour la construire, elle la construit dès aujourd’hui  », explique Bastien Nussbaumer.

Pour Clara Marino, la mobilisation actuelle s’explique surtout par le sentiment d’urgence que seuls les plus jeunes peuvent ressentir sur le sujet : « On ne peut pas prédire ce que sera demain. On sait en revanche que demain sera un monde nouveau, surtout sur le plan environnemental. La jeunesse s’en rend compte aussi bien que les autres générations, mais c’est celle qui est la plus concernée. »

Et les plus jeunes n’ont plus le temps de faire l’autruche. « Quand on regarde tous les chiffres, c’est assez impressionnant de mesurer la responsabilité humaine de ces changements. Ça fait un peu peur, mais il ne faut pas être alarmiste et prendre les choses en main pour créer le monde que l’on veut pour demain et pour les générations à venir », poursuit-elle. Et Bastien Nussbaumer de trancher : « Avoir peur c’est une chose, mais derrière il faut agir. Il ne faut pas se contenter de regarder chaque année les chiffres qui sont de plus en plus dramatiques. Maintenant il faut agir, il faut trouver des solutions. Et je crois que cette jeunesse est justement en train de trouver des solutions. »

La génération d’après-demain se prépare aussi

Derrière la jeune génération d’aujourd’hui, certaines initiatives préparent déjà celles de demain. Ils s’appellent Startup for kids, Poppy Station ou encore l’école O.P. Jindal à Raigarh en Inde et ils développent chez les enfants de nouvelles compétences pour les préparer au monde de demain. Et les enjeux écologiques et durables figurent en bonne place de leurs programmes.

Une des plus fameuses écoles sur ce credo est la Muse School de Jeff King, en Californie, qui ambitionne d’« inspirer et préparer les jeunes à vivre en harmonie avec eux-mêmes, entre eux, et avec la planète ». Pour faire de l’écologie un sujet aussi important que les maths ou la lecture, l’école fait table-rase des idées héritées du siècle passé. « Dès l’enfance, on met des schémas tout pré-construits dans la tête des enfants. J’essaye de faire en sorte que ce ne soit pas le cas. De leur expliquer ce qu’est le développement durable, pour que ça fasse partie intégrante de leur identité, défendait ainsi Jeff King lors des Sustainable Brands, en avril dernier. Il faut que cette génération soit sustainable native. » Elle, et toutes les autres générations d’ailleurs.

 

Réussir ensemble, cela concerne évidemment la transition écologique, mais pas seulement ! Insertion professionnelle, transmission des savoirs, empowerment par l’innovation, ces podcasts The Good Galaxy enregistrés lors de The Good Day confirment qu’à plusieurs, on est plus forts !

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Source : Millennials : la « génération durable » veut bousculer nos vieilles habitudes