5 signes de transformation du monde en juillet 2019

Kevin Pujol auteur pour la newsletter Planet, régulièrement relayée sur Usbek & Rica, revient sur les cinq histoires les plus fascinantes, selon lui, du mois écoulé.

1/ Peut-on vraiment recycler tous nos déchets ? Shanghai a peut-être une réponse… un peu brutal

Alors que la Chine ne recycle que 20 % des 210 millions de tonnes de déchets produits chaque année, une nouvelle loi impose à Shanghai un des systèmes de tri les plus rigoureux au monde.

Et si le tri est mal fait, les habitants s’exposent à une dégradation de leur note sociale ou de grosses amendes. 

Les géants de la tech chinoise ont déjà trouvé le moyen d’en faire un business : Alipay va lancer une app utilisant la reconnaissance d’image pour trier les déchets, Alibaba propose carrément de s’occuper des poubelles des habitants pour $2.

La Chine a fait de l’environnement une de ses priorités de développement, et elle a choisi la voie du contrôle. De l’autre côté, les démocraties occidentales semblent bien inertes face à l’urgence climatique…

2/ Les avatars des stars séduisent les marques… et rapportent des millions à leur propriétaires

Genies est une agence un peu particulière. Se présentant comme créatrice de la "première race humaine digitale", elle met en scène les avatars digitaux des stars dans des campagnes marketing.

Et ça marche très fort : l’engagement des fans est supérieur aux posts classiques (33 millions de vues pour la campagne des trottinettes Bird) et l’agence attire des célébrités comme Rihanna, Pink et même… Patrice Evra. 

Par contre niveau juridique, c’est le flou total. Aujourd’hui, l’avatar est considéré comme une propriété intellectuelle, une création qui appartient à son auteur et est sous sa responsabilité.

Mais avec les progrès de l’IA, les avatars seront amenés à avoir des interactions autonomes. Doit-on alors envisager la création d’une personnalité juridique propre ?

3/ Comment la Chine est en train de construire le plus grand empire de caviar du monde

Le caviar est souvent associé à la Russie. Mais depuis la chute de l’URSS et à cause de la surpêche d’esturgeon, la production russe stagne. 

C’est la Chine qui est en train de devenir le n°1. D’ici 2020, le pays devrait consommer 100 tonnes de caviar par an (50 % de la consommation mondiale) et rassembler plus de 54 % des fermes d’élevage du monde.

Pourtant, les débuts n’ont pas été faciles, les exportations ont souffert de l’étiquette made in china associée à une mauvaise qualité. 

Mais en 2011, Kaluga Queen le n°1 du caviar en Chine, a réussi à signer un contrat avec Lufthansa pour fournir le caviar des passagers de la première classe. Depuis, la marque a su séduire les restaurants étoilés parisiens et contrôle aujourd’hui 30 % de la production mondiale.

4/ Pour étancher la soif des villes, l’industrie du dessalement d’eau tourne à plein régime

A 30 km au nord de San Diego, la Californie a réussi à mettre sur pied la Claude "Bud" Lewis Plant, la plus grande usine de dessalement d’eau des US, pour faire face à la sécheresse. 

Et ce n’est pas un cas isolé. Près de 20 000 usines de dessalement sont sorties de terre pour rendre l’eau de mer potable et 300 millions de personnes en dépendent à travers le monde.

L’Arabie Saoudite produit à elle seule 1/5 de l’eau dessalée grâce à ses faibles coûts énergétiques, l’Australie et Israël sont aussi très avancés sur le sujet.

Sauf que… le dessalement pollue les rivières et menace la biodiversité marine. Pas une solution miracle donc.

5/ Peut-on rendre les industries plus éthiques avec $1 Trillion ?

Avec plus d’$1 trillion à disposition, le fonds souverain norvégien est le plus riche du monde et il refuse d’investir dans des entreprises qui ne respectent pas les droits de l’Homme, l’environnement ou lorsqu’elles ont des liens avec l’armement et le tabac.

Mais dans les faits, son impact est assez limité. 5 entreprises ont récemment été retirées de la liste d’exclusion car elles ont abandonné leurs activités "non éthiques".

Parmi elles, le Groupe Carso (appartenant à Carlos Slim) qui a revendu sa branche cigarettes à Philip Morris et un groupe minier Australien qui a stoppé l’exploitation d’une mine en Indonésie critiquée pour son impact environnemental. 

Mais ces activités ont seulement changé de propriétaire. Par exemple, la mine continue d’être exploitée par un industriel indonésien.

De quoi interroger sur la réelle efficacité de la finance dite éthique.

Auteur : Usbek & Rica
Source : 5 signes de transformation du monde en juillet 2019