Business poubelle : Shanghai punit ceux qui ne recyclent pas et les géants de la tech en profitent

Depuis le 1er juillet 2019, Shanghai a mis en place un système de recyclage rigoureux. QR code sur les sacs-poubelle, applis d’aide au tri… un arsenal de technologies est déjà disponible pour faciliter la vie des habitants… mais aussi identifier les bons et mauvais trieurs. 

Vous connaissez encore quelques moments de solitude en hésitant devant les poubelles jaunes et vertes, gobelet de café vide en main… ? On ne préfère pas imaginer votre tête devant les bennes à ordures de Shanghai. Depuis le 1er juillet, la ville chinoise a mis en place un nouveau système de recyclage très strict.

Il faut dire que le pays revient de loin en matière de pollution environnementale. La newsletter Planet rappelle que 80 % des déchets sont brûlés ou enfouis. En 2017, le président Xi Jinping a décidé de mettre en place une politique de recyclage plus rigoureuse dont Shanghai est devenue la vitrine.

Les ménages et entreprises de la ville doivent maintenant classer leurs déchets selon quatre catégories : déchets humides (restes de nourriture), déchets secs (déchets résiduels), déchets toxiques et déchets recyclables. Ils doivent ensuite les jeter dans les bacs appropriés à des horaires précis. Gare à l’amende si le tri est mal effectué. Entre 6 000 et 60 000 euros pour une entreprise, et entre 7 et 25 euros pour un particulier, explique le South China Morning Post. Et si les erreurs persistent, la note de crédit social peut être baissée, indique The Economist. Rappelons qu’en cas de note trop basse, les Chinois soumis au crédit social sont privés de certains services comme les prêts bancaires et les voyages en train et en avion.

Inquiétude et mèmes

De quoi inquiéter les 24 millions d’habitants, qui confondent encore les bacs. Le hashtag « les résidents de Shanghai deviennent fous avec le tri des ordures » était l’un des plus populaires ces derniers jours sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, rapporte le South China Morning Post. Certains préfèrent en rire. Une flopée de mèmes et autres chansons parodiques se moquant du système de tri ont vu le jour sur les réseaux.

Alibaba et les 40 éboueurs

Ces nouvelles règles de recyclage et l’inquiétude qui en résulte sont une aubaine pour les géants de la tech chinois. Tous proposent de nouveaux services pour faciliter la vie des habitants. WeChat, Baidu et Alibaba ont déjà lancé leurs applis pour aider les Shanghaïens à faire le tri. En tapant le nom du déchet, l’appli indique le bon bac dans lequel le jeter. Celle d’Alipay, filiale de paiement d’Alibaba, comptait déjà 1 million d’utilisateurs trois jours après son lancement, selon les chiffres donnés par l’entreprise, indique TechCrunch. 4 000 déchets seraient déjà répertoriés et la base de données continue de grandir. Un système de reconnaissance d’image est en préparation pour éviter aux utilisateurs d’avoir à saisir manuellement le nom du déchet.

Un QR code pour retrouver le propriétaire des déchets

Et pour ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie de se déplacer aux bons horaires pour jeter leurs ordures, Ele.me, filiale d’Alibaba, propose un service de collecte des déchets à domicile pour 2 dollars par jour (1,78 euros), note sur Twitter une journaliste de YahooFinance spécialiste de la Chine. Cette dernière précise que Ele.me propose aussi des services plus originaux comme « s’excuser auprès de votre copine » à votre place.

Des technologies aident aussi les responsables administratifs de la ville, chargés de contrôler si les habitants font bien leur tri. Certaines résidences ont instauré des QR codes sur les sacs à ordures, explique TechCrunch. Ils sont scannés une fois arrivés au centre de tri. Il est ainsi possible pour les autorités de savoir à quel foyer appartient chaque sac. Si le tri est mal fait, la personne recevra une amende, si le tri est bien fait, une récompense de quelques centimes de yuan sera offerte.

La méthode répressive peut faire peur. Mais sachez qu’en France, mettre du verre ou du plastique dans la mauvaise poubelle est aussi passible d’une amende de 35 euros. D’ici à ce que la tech s’en mêle… 

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